L’épigénétique, késako?

On nous le rappelle trop souvent : nos gènes ont une influence majeure sur ce que nous sommes. Heureusement, les gènes ne déterminent pas tout, et l’on sait bien que nous sommes également le produit de notre environnement : les expériences que nous vivons, ce que nous mangeons, ou l’air que nous respirons.

Toutefois ce que nous léguons finalement à nos enfants, ce sont nos gènes, pas notre environnement. Vous pouvez donc bien manger ou boire ce que vous voulez, ça n’est pas ça qui changera le patrimoine génétique de vos enfants.

C’est ce que vous pensez ? Alors venez découvrir le monde mystérieux de l’épigénétique =)

 

Chaque être humain a en lui un microcosme. C’est un univers de cellules. Chaque cellule a sa propre intelligence. Les cellules qui nous composent meurent et se renouvellent à tout instant.
 
L’épigénétique est l’étude des transformations des gènes, lesquels peuvent être influencés par l’environnement qui nous entoure et par la façon dont nous répondons à notre environnement, c’est-à-dire à ce qui se passe autour de nous. Sans le savoir, nous influençons notre ADN et c’est lui qui construit notre corps.
 
Quels sont les effets du stress sur notre santé à long terme ? Quelles peuvent être les conséquences de faire par exemple un travail que nous n’aimons pas ? Et qu’en est-il si nous sommes dans une relation qui nous fait souffrir ?
 
Ce sont des questions téméraires pour des personnes téméraires vivant dans une ère de grands changements.

L'épigénétique, késako ?

Lors de la conception, la grande roulette russe de la génétique nous dote de caractères irréversibles portés par l'ADN de chacune de nos cellules. Mais notre santé ne dépend d'eux qu'à hauteur de 30 %. Car chacun des gènes dont nous héritons peut s'exprimer plus ou moins fort, ou bien se taire, sous l'influence de notre mode de vie.
L'épigénétique étudie ces modifications, qui vont "allumer" ou "éteindre" les gènes. " La génétique, c'est le disque dur, l'épigénétique, les logiciels qui vont le faire fonctionner et permettre de varier les programmes ", illustre le Pr Claudine Junien, généticienne à l'INRA (Institut national de la recherche agronomique).
 
Les recherches menées aujourd'hui aident à mieux comprendre les mécanismes à l'origine des maladies. On réalise à quel point l'épigénétique joue un rôle capital dans leur apparition. Si l'on ne peut guère agir, pour l'instant, contre des altérations génétiques héritées à la naissance, les variations épigénétiques qui se produisent tout au long de la vie sont, elles, en partie réversibles.
Pjotr Gariaev et Vladimir Poponin, deux biophysiciens et biologistes moléculaire russes, ont des théories intéressantes qui pourraient nous aider à aller plus en profondeur.
Ces deux chercheurs affirment que l’ADN peut être influencé et reprogrammé par les mots et les fréquences.
La communauté scientifique considère que seulement 10% de l’ADN humain est utile, étant utilisé dans la production de protéines, les petits briques qui composent nos cellules.
 
L’autre 90% de notre ADN est considéré comme de l’«ADN poubelle», c’est-à-dire que la science officielle n’a pas trouvé quelle est son utilité. Convaincus que dans la nature tout a une fonction, Gariaev et Poponin ont créé, avec la participation de linguistes, un groupe d’étude. Ils ont exploré l’ADN poubelle et ils arrivèrent ensemble à des conclusions assez extraordinaires.
 
Selon eux, notre ADN est non seulement responsable de la construction de notre corps, mais sert aussi à stocker et à communiquer des données, un peu comme un «internet biologique». Ils ont constaté que le code génétique, et tout particulièrement le 90% apparemment inutile de celui-ci, suit des règles semblables aux règles grammaticales d’une langue humaine. Ils ont en effet comparé les règles de la syntaxe (la façon dont les mots sont mis ensemble pour former des phrases), la sémantique (le sens des formes linguistiques) et les règles de base de la grammaire et ils ont constaté que l’ADN suit une grammaire régulière, qu’elle est soumise à des règles, tout comme un langage.
 
Ces chercheurs ont également étudié le comportement vibratoire de l’ADN. Ils ont réussi à modeler certaines fréquences vibratoires qu’ils ont ensuite projetées sur de l’ADN à l’aide de rayons laser, ce qui a influencé la fréquence de l’ADN en question et donc l’information génétique elle-même.
En considérant les nouvelles possibilités liées à l’épigénétique et à ces études russes sur l’ADN, peut-être que nous écrivons réellement notre histoire à travers l’utilisation que nous faisons du langage et la façon dont nous pensons et nous nous parlons à nous-mêmes.
Si c’est vrai, alors cela peut expliquer scientifiquement l’impact positif que des pratiques telles que les affirmations, le training autogène, l’hypnose et d’autres pratiques similaires peuvent avoir sur les êtres humains et leur corps.

Peut-on soi-même influencer ses gènes ?

Nous ne faisons que ça ! Les toxiques que nous respirons dans l'air, les aliments que nous ingérons, l'activité physique que nous pratiquons retentissent tous sur nos gènes.
On peut moduler son épigénome afin de maintenir une bonne santé.
Si on compare la génétique à des notes de musiques sur une portée, l’épigénétique est la symphonie que l’on va pouvoir jouer avec ces notes. Pour ce faire il y a 5 éléments à gérer de manière quotidienne : la nutrition, l’exercice physique, le management du stress, le plaisir, et le réseau humain, social et familial.
Ces 5 éléments sont en synergie tous les jours et heures de la vie. Ils conduisent à secréter dans notre corps un certain nombre de substances que l’on connait bien aujourd’hui et qui vont moduler l’expression des gènes.
 
Une étude a montré que la supplémentation en vitamine D , chez ceux qui en manquent, modifie l'expression de 291 gènes. " De petites molécules, les méthyles, peuvent se greffer sur l'ADN et mettre certains gènes promoteurs de maladies (diabète, obésité, cancer) en mode "off" », explique le Dr Laurence Bénédetti, micronutritionniste.
 
Mais pour que ces méthyles voient le jour, il faut une alimentation riche en nutriment "activateurs", comme la méthionine, la vitamine B, le zinc, etc.
Des anti-oxydants, comme le resvératrol , la quercétine, la curcumine semblent aussi avoir une action intéressante.

Concrètement, cela donne quoi ?

Les recherches sur l'épigénétique ouvrent d'infinies possibilités de prévention et de traitement des maladies. Par exemple, les gènes synthétisant les graisses seraient plus actifs chez les obèses .
 
Autre piste : « En cancérologie, on pourrait réactiver les défenses naturelles des patients en modifiant l'expression de certains gènes dans les cellules malades », confirme le Pr Eric Solary, hématologue à Gustave Roussy (Villejuif).
 
Nous abritons des " oncogènes " favorisant la prolifération cancéreuse (comme HER 2 dans le cancer du sein) et des gènes suppresseurs de tumeurs, protecteurs. Un cancer apparaît quand les oncogènes sont activés, les gènes suppresseurs inactivés ou les deux à la fois ! Deux médicaments visent déjà à inverser ce processus et beaucoup d'autres sont en cours d'essai.

Les mécanismes biochimiques de l’épigénétique

Ce que l’on cherche pour expliquer les effets transgénérationnels, c’est quelque chose qui se transmette à la descendance, mais qui ne touche pas le code génétique lui-même. On parle d’épigénétique, le préfixe « épi- » en grec signifiant « au-dessus ». Il existe peut être des tas de mécanismes de ce type, mais très peu sont avérés. Parmi ceux-ci, il y a la méthylation de l’ADN.

 

 

Un groupe methyl, c’est un tout petit bloc noté CH3 et constitué simplement d’un atome de carbone et de 3 atomes d’hydrogène. Ce petit groupe peut venir se greffer sur toutes sortes de molécules, et notamment sur la cytosine, la base notée C dans le code génétique.

 

Dans certaines circonstances, une fois accroché à l’ADN, ce groupe méthyl peut agir comme un morceau de scotch que l’on collerait sur une bande magnétique : il empêche la lecture de l’ADN à cet endroit. Avec des groupes methyl bien placés, on peut donc empêcher la transcription d’un gène en ARN, et empêcher son expression : on parle d’extinction du gène.

 

La méthylation de l’ADN influe donc sur les gènes qui seront exprimés. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’elle n’est pas prédéterminée : elle peut être influencée par notre environnement et nos expériences. Ainsi une étude a pu montrer que des vrais jumeaux (avec un ADN identique, donc) pouvaient posséder des degrés différents de méthylation, et que cette différence augmente avec l’âge.

 

De simples caresses ?

De simples caresses auraient-elles aussi le pouvoir d'influencer la mécanique génétique ? Les bébés rats que leur maman lèche souvent - le léchage remplissant chez le rat la même fonction que la caresse chez l'humain - sont plus calmes que les rats mal léchés. Mais Michael Meaney et son équipe sont allés beaucoup plus loin que ça: ils ont traqué l'empreinte des soins maternels jusque dans le cerveau des jeunes rats.

 

C'est que le léchage influence l'activité d'un gène qui prémunit les rats contre le stress. Ce gène, NRC31, produit une protéine qui contribue à diminuer la concentration d'hormones de stress dans l'organisme. Encore faut-il activer une portion bien précise de ce gène, grâce à un interrupteur épigénétique.

 

L'analyse des cerveaux de rats n'ayant pas reçu une ration suffisante de léchage l'a démontré : l'interrupteur lié au gène NRC31 était défectueux dans les neurones de l'hippocampe des rats. Conséquence: même en l'absence d'éléments perturbateurs, ils vivent dans un état de stress constant.

 

Et donc le stress, peut-il modifier nos gènes?

Les traumatismes psychologiques retentissent sur les défenses immunitaires et, s'ils sont précoces, peuvent handicaper toute une vie.
 
" Des chercheurs ont montré que, lorsqu'un nourrisson en détresse est rabroué ou livré à lui-même, cette expérience va modifier l'expression des gènes qui régulent les hormones du stress, confirme le Dr Catherine Guégen, pédiatre, auteur de " Pour une enfance heureuse " (éd. R. Laffont, 2014).
Ces modifications génétiques perdureront à l'âge adulte, le rendant plus vulnérable au stress, et il va à son tour transmettre cette fragilité aux générations suivantes. "

 

Sources : douglas.qc.ca, sciencetonnante.wordpress.com, missionamesoeur.fr, topsante.com


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